02Jan

« Je m’appelle Grégory, j’ai 30 ans. Cela fait 6 mois que je passe des entretiens pour trouver un emploi. J’ai pris l’habitude lorsque je passe un entretien de faire un bilan : mon ressenti, les questions qu’on m’a posées, des pièges que j’ai détectés, etc… Juste avant Noël, j’ai vécu une expérience unique ! J’ai été immédiatement plongé dans une expérience immersive où je n’étais pas été en concurrence avec les autres candidats ! Au contraire, on devait s’écouter se comprendre pour pouvoir résoudre des énigmes, sortir d’une salle, entrer dans une autre. Je n’ai même pas vu que les recruteurs nous observaient. Ce n’est que pendant le débrief que je me suis aperçu qu’ils avaient pu noter nos réactions. Je ne me suis pas senti jugé. Cela m’a permis d’être vraiment moi, de pouvoir mettre des mots sur mes propres réactions. Si le recrutement est à l’image de cette société, c’est là que je veux travailler ! »
Cette société, c’est celle dont l’objectif 2022 est de miser sur le capital humain ; un challenge qui commence au cours du recrutement.

Capital humain et capital social ne se confondent pas.

Leur point commun ? Les chiffres : on décide de l’apport en numéraire et en nature du capital social ; comme on décide du nombre d’employés nécessaire à la production pour le capital humain.

Ce qui est moins chiffrable, c’est la symbiose que représente le capital humain : celles des compétences (connaissances, savoir-faire, savoir-être, expériences inter et intra-entreprise) d’un individu, qui, alliées aux compétences de ses collègues, forment un capital de compétences. Cette définition posée, réalisons que cette définition fait émerger l’équation : 1 + 1 = 3 ; c’est-à-dire qu’une compétence additionnée à une autre donne le résultat de 3 compétences. Les notions de compétences ne s’additionnent pas, elles se multiplient.

Deux personnes qui sortent d’une école de commerce (même si c’est la même) abordent différemment la manière d’atteindre leurs objectifs de vente ; mutualisant leur manière de faire, dans le contexte particulier de l’entreprise qui les a embauchés, elles créent une autre manière de faire, donnant naissance à une troisième compétence qu’un autre commercial viendra enrichir par un savoir-faire différent. Avouez que la multiplication des pains à côté est assez fifrelinesque ! Laissons les pains de côté et glorifions la magie des softskills -ou plus précisément des êtres humains- ! La symbiose, c’est l’émergence de cette intelligence collective. Rejoignons la définition de Patrick Bouvard de la revue RH Info qui voit le capital humain « comme force de sens et d’intelligence, comme force de renouvellement » et partageons sa définition du « capital humain comme potentiel de développement». https://www.rhinfo.adp.com/rhinfo/2011/quest-ce-que-le-capital-humain/

Le capital humain génère des richesses

Regardons maintenant l’autre terme placé à côté du capital : humain. Prendre en compte l’Humain, c’est faire émerger des qualités fortes, difficiles à reconnaître : le génie, la créativité, la persévérance, la volonté, l’humanité… (la liste n’est pas exhaustive.) ; et des qualités plus reconnues comme le leadership, la communication, l’empathie. Ce sont ces qualités aussi invisibles que présentes qui font évoluer le capital humain, donnant ainsi la coloration spécifique de l’entreprise. L’humain est un atout lorsque les prises de décision sont les bonnes, un fort ralentisseur lorsqu’elles le sont moins. Le capital humain d’une entreprise génère des richesses lorsque les qualités des collaborateurs sont reconnues et utilisées à bon escient. Comme ce capital est soumis à des facteurs aléatoires (capacité à analyser une situation, prise de décision, respect du cadre, prise d’initiatives), voilà pourquoi il semble primordial de lui accorder une place aussi importante que le capital social de l’entreprise.
Le capital humain, c’est ce qui donne la couleur bien particulière de chaque entreprise. Son histoire, sa pérennité, sa culture sont portées par les hommes et les femmes qui la composent. Une histoire ou plutôt une aventure inconnue dans laquelle chacun doit se sentir unique et incroyable. «Vivre est naviguer dans un océan d’incertitudes en se ravitaillant dans des îles de certitudes. »[1] Puisse votre entreprise représenter pour vos employés, ces petites îles qui ravitaillent l’esprit conquérant des winners.
Co-écrit par Karine Souday, Docteure ès lettres

[1] Edgard Morin, Leçons d’un siècle de vie, Denoël, 2021, p. 43